Après une année d'accalmie directement liée à la crise sanitaire, l'exposition des travailleurs aux rayonnements ionisants est repartie à la hausse. C'est ce que relève le bilan 2021 des expositions rendu public, ce jeudi 22 septembre, par l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

La dose individuelle moyenne s'établit à 0,85 millisieverts (mSv), contre 0,78 mSv en 2020. Soit une hausse de 9 %. Mais cette valeur reste toutefois inférieure à celles constatées en 2019 (1,20 mSv) et en 2018 (1,12 mSv). « Près de 94 % des travailleurs suivis ont reçu une dose inférieure à 1 mSv », rapporte l'établissement public, cette dose étant la limite réglementaire pour le public. Un travailleur a toutefois dépassé la limite annuelle de dose de 20 mSv (25,8 mSv dans le secteur du radiodiagnostic), au lieu de sept en 2020. Un dépassement concerne, par ailleurs, la dose « peau » (500 mSv) par un travailleur d'une centrale nucléaire, avec 818 mSv. Un troisième dépassement porte sur la limite de dose au cristallin (50 mSv) par un travailleur du secteur de la médecine nucléaire, avec 138,1 mSv.

Quant aux secteurs d'activité impactés, c'est celui du nucléaire qui enregistre la dose individuelle moyenne la plus élevée, avec 1,33 mSv. Un focus de l'IRSN sur les travailleurs prestataires montre leur plus grande exposition. L'activité de prestation représente toujours environ un tiers des effectifs du secteur, mais plus des deux tiers de la dose collective reçue. La dose individuelle moyenne s'élève à 1,8 mSv (contre 1,6 mSv en 2020). Soit la dose la plus élevée après celle du secteur de la fabrication du combustible nucléaire (2,58 mSv). « Cette hausse est attribuée à la réalisation de certaines interventions de maintenance en 2021 (…), dont certaines avaient été reportées/décalées du fait de la crise sanitaire due à la Covid-19 en 2020 », explique l'IRSN. Après le nucléaire, les secteurs les plus exposés sont l'aviation (1,13 mSv) et l'industrie non nucléaire (0,97 mSv).