La crise de la Covid-19 semble avoir gravement touché la SNCF au point de se demander si elle survivra seule. « La perte de chiffre d’affaires devrait être proche de quatre milliards d’euros » prévenait mi-juin son PDG, Jean-Pierre Farandou. Ces inquiétudes se sont accentuées avec les premières prévisions concernant les chiffres de cet été. Si habituellement la SNCF compte environ 25 millions de voyageurs elle ne devrait pas en voir plus de 20 millions.

Cette situation est d’autant plus amplifiée que la SNCF a connu une fin d’année 2019 très mouvementé avec notamment le mouvement des gilets jaunes mais également les très fortes grèves contre la réforme des retraites en décembre. Les pertes pour cette période ont été de 801 millions. Selon un expert du transport, Gilles Savary, cette situation aurait été mortelle pour n’importe qu’elle autre entreprise. En effet la SNCF doit son salut au fait qu’elle soit détenue a 100% par l’État quand bien même elle soit devenue une société anonyme ce qui, de facto, ne la met plus à l’abri de la faillite.

Le 20 mai le PDG de la SNCF lance un appel au secours de l’État devant les députés. « J’espère que le parlement et le gouvernement seront au rendez-vous d’une relance de la SNCF ». Si le gouvernement était plus occupé par le sort d’Air France avec un fond débloquer de 7 milliards d’euro il n’en reste pas moins attentif à la situation de la SNCF. En effet l’État se dit prêt à aider la SNCF « à hauteur de plusieurs milliards d’euros ».

Cette annonce si elle a été bien accueillie par les acteurs, elle n’en reste que trop tardive selon ces derniers. En effet Henri Poupart-Lafarge a tonné devant les députés que « le secteur ferroviaire n’est pas immunisé contre la crise » mettant en avant que l’Allemagne a déjà baissé la TVA sur les trains grandes lignes et apporté des aides fédérales aux Länder de 2,5 milliards d’euros pour soutenir l’activité ferroviaire.

La SNCF considère que cette aide comme indispensable car le trou occasionné par la pandémie a des répercussions en cascade. SNCF Réseau, chargé de rénover des voies ferrées souvent hors d’âge, estime à 700-800millions l’impact de la crise sanitaire

Le télétravail a également eu un impact plus que négatif sur la SNCF. En effet les travailleurs ont été invité durant le confinement mais également à la fin de ce dernier et dans la mesure du possible de réaliser leur mission en télétravail entrainé de ce fait une baisse des déplacements de la clientèle affaire. Ile-de-France Mobilité semble enfin avoir pu entrer en contact avec l’État afin de discuter/combler le trou de 2,6 milliards d’euro laissés par l’épidémie dans les caisses de cet organisme gérant les transports en commun en région parisienne.

La SNCF devra également faire face à l’entrée de la concurrence. Si elle a été en position de monopole depuis 1937, cette dernière devra affronter d’autres opérateurs ferroviaires. La compagnie italienne Trenitalia qui devait arriver en juin avec des trajets Milan-Lyon-Paris a dû retarder son lacement bien que ses intentions restent inchangées. Cependant cette menace a été qualifié de marginal. Les lignes régionales inquiètent nettement plus la SNCF. En effet certain élu ont émis des appels d’offre pour choisir un nouvel exploitant c’est notamment le cas des régions Paca, Grand Est et Hauts de France, et bientôt les Pays de la Loire et l’Île-de-France. Philippe Tabarot, vice-président de Pace, résume la situation de la façon suivante : « Nous pensons qu’avec cette mise en concurrence, le prestataire assurera une meilleure qualité de service (moins de trains en retard) à moindre coût ».