Selon le think tank Ember, pour la première fois dans l’histoire de la production d’énergie en Europe, au cours du premier semestre de l’année, la production d’électricité renouvelable (solaire, éolien, hydraulique, bioénergie) a dépassé celle issue de combustibles fossiles (charbon, gaz). La production des énergies vertes représente 40% de l’électricité des 27 membres de l’union européenne contre 34% pour les fossiles. Si ces résultats sont encourageant pour la filière énergie verte, ils s’expliquent par plusieurs facteurs (3) :

Dans un premier temps, l’installation de parc éolien et solaire a grandement augmenté ces dernières années en Europe ; favoriser par un temps doux et venteux permettant de ce fait une utilisation à pleine capacité. Ces derniers ont assuré 21% de la production totale d’électricité en Europe et une part plus importante encore dans certains pays tel que le Danemark (64%), l’Irlande (49%) ou encore en Allemagne (42%). De leur côté, les productions hydroélectriques et de bioénergies ont représenté —respectivement— 13% et 6%. Dans le même temps il a été enregistré une baisse de la production d’énergie fossile de 18% du fait de la baisse de la demande lier notamment à la fermeture des entreprises dû à la Covid-19.

Dans un deuxième temps, l’élimination du charbon s’accélère selon Ember. La production d’électricité issue de cette énergie a chuté de 32% au premier semestre et sa part de marché a diminué de moitié depuis 2016 ; et ce, même si certains pays voient leur part grimper dans ce domaine tel que la République Tchèque, la Bulgarie ou encore la Pologne (bien que ce dernier ait entamé sa transition énergétique en progressant dans le solaire et l’éolien offsshore).

Dans un troisième temps, la production issue du gaz a elle aussi diminuée de 6% avec des chutes importantes en Espagne et en Italie. Ainsi Ember considère que l’année 2019 pourrait apparaitre comment l’année du pic de la production de gaz dans le domaine de l’énergie. Et enfin, la France est « dans son monde du nucléaire » résume Ember. La production d’énergie nucléaire a diminué une fois et demie plus que la demande d’électricité. Cependant cette baisse a été compensée par la davantage de production d’énergie éolienne et hydraulique.

Tout ceci a pour conséquence une baisse des émissions de CO2 du secteur de l’énergie de 23% à l’échelle des 27 pays de l’Union européenne. Si ces chiffres semblent encourageants la covid-19 devrait vraisemblablement ralentir également ce marché. Les chantiers d’installation des parcs (solaires et éoliens) vont être retardés. Les prévisions ne sont guère meilleures pour les futurs chantiers, il est question d’une baisse de 30% pour l’installation de futures éoliennes. Cependant pour tenir les objectifs de réduction de 55% des émissions d’ici à 2030 il faudrait doubler voire tripler les projets solaires et éoliens au cours de la décennie.

Ainsi le think tank conclue que les réseaux et les fournisseurs « ont montré leur résilience. Il est temps pour tous les pays d’intensifier leurs efforts pour diminuer les émissions du secteur de l’énergie au cours de la prochaine décennie et d’achever la transition en faveur de l’énergie propre ».