Le 3 juin 2020, le Tribunal Administratif de Marseille a rendu sa décision dans l'affaire opposant les riverains du quartier marseillais du Verduron à l'Etat.

Depuis plusieurs années les habitants de ce quartier sont confrontés aux rodéos urbains qui consistent à rouler sur la roue arrière d'une moto ou qu'un quad. Bien que le rodéo urbain soit pénalement sanctionné depuis 2018, ce phénomène ne cesse de prendre de l'ampleur sur l'ensemble du territoire français.

Lorsque ce phénomène a commencé à se développer, les résidents du quartier du Verduron ont d'abord adressé des courriers au Préfet de police, au Défenseur des droits ou encore au Ministre de l'intérieur. Las et ne constatant pas de changement, les habitants se sont réunis en un collectif et ont intenté une action contre l'Etat.

En effet le rodéo urbain cause d'importantes nuisances sonores. Mais plus grave encore, il présente également un réel danger pour les riverains et passants.

Le Tribunal Administratif de Marseille a tranché le 3 juin dernier en faveur des demandeurs et a condamné l'Etat à 10.000 € de dommages et intérêts. Au soutient de cette décision, la constatation par les juges que les mesures prises par la Préfecture de police sont "insuffisantes pour restaurer la tranquillité publique dans ces lieux concernés par le déroulement régulier de rodéos motorisés". Ces insuffisances sont pour les juges constitutives d'une faute de la part de l'Etat.

Face à des magistrats peut convaincus, la Préfecture de Marseille avait pourtant tenté de défendre son bilan notamment en rappelant la mise en place de patrouilles, de contrôles routiers et d'actions de sensibilisations.

Malgré la condamnation de l'Etat, rien ne permet d'assurer que cette sanction mettra fin à ces courses qui depuis des années sont toujours plus nombreuses et fréquentes. De plus, comme l'a rappelé la Préfecture de Marseille devant le Tribunal, les interpellations de conducteurs participant à des rodéos urbains présentent une forte dangerosité.

Enfin, on peut s'interroger sur l'efficacité réelle des sanctions encourues par les personnes se prêtant à ce genre de courses. Très peu de contrevenants sont présentés devant le juge et bien souvent les motos saisies, qui n'appartiennent pas aux conducteurs, sont restituées à leurs propriétaires.