Souci du détail, manque de confiance en soi, narcissisme, pressions extérieures ? Peu importe la raison, le micro-management est une pratique qui, bien qu’elle tend à se faire de plus en plus rare avec les années, reste improductive et rend le monde de l’entreprise invivable pour certains salariés. Fortement utilisée dans les entreprises en France pendant un certain temps, elle laisse progressivement place à une autonomie des salariés et à un libre arbitre quasiment total dans la gestion des projets d’équipe grâce à l’influence des multinationales et du management américain. Toujours présent néanmoins, ce type de management est caractérisé par un contrôle excessif de l’employé. Au lieu de donner des instructions générales, des missions globales, et de n’analyser que le résultat escompté, le micro-manager suit, évalue chaque étape, sans aucun relâchement.

Dans le meilleur des cas, le micro-manager gardera simplement un regard lointain sur le travail de ses employés, s’assurant de la démarche suivie. Dans sa forme le plus sévère, la surveillance est constante, permanente, pesante et centrée à l’extrême sur des détails peu signifiants, la plupart du temps sur la procédure à suivre. Chaque détail est vérifié, aucune délégation n’est fournie, la communication se fait rare, à l’instar des comptes-rendus quotidiens et inutiles, et les priorités ne sont au final pas gérées. Ainsi, la performance globale et la qualité des résultats en pâtissent.

Car c’est bien là tout le problème de cette forme de management : en plus d’installer un climat d’angoisse et un sentiment d’insécurité permanent chez les salariés de l’entreprise, pouvant mener à des plaintes pour harcèlement moral ( qui depuis l’affaire de France Télécom jugée en décembre dernier peut être caractérisée même sans lien direct entre les victimes et les auteurs ), elle favorise leur désengagement pour leurs fonctions et mène ainsi à une sous-performance de l’équipe. Le manque d’autonomie et d’efficacité débouche sur une perte de motivation et une surcharge de travail, et empêche le projet d'être mené à son bon terme.

La véritable question à se poser est la suivante : si vous constatez vous-même subir ce type de management, comment y remédier ? La première solution reste la plus simple : c'est tout d’abord d'en parler, à ses collègues, à un responsable des Ressources Humaines,..dans tous les cas, à une personne de confiance au sein de la société.

Evidemment, tout ne changera pas du jour au lendemain, car beaucoup de micro-managers n’ont même pas conscience de leur comportement. Mais parfois, prendre les devants, proposer de gérer des tâches, projets, et lui faire face de manière calme et raisonnée tout en restant professionnel peut conduire à sortir de cette situation quelquefois invivable petit à petit.