En France, chaque année, près de 10 tonnes d'aliments sont jetés à la poubelle alors qu'ils sont toujours consommables, soit l'équivalent de 16 milliards d'euros. Ces chiffres, aussi alarmants soient-ils, ne semblent pas diminuer.

C'est sans doute la raison pour laquelle une ordonnance, en date du 21 octobre 2019, a été présentée par Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture, et entrera en vigueur au 1er janvier 2020. Dès ce jour, l’obligation de lutte contre le gaspillage alimentaire, qui s’appliquait déjà aux services de restauration collective des collectivités territoriales, sera étendue aux secteurs de la restauration collective privée et à l’agroalimentaire également. Les opérateurs concernés disposent donc d’un an pour régulariser cette situation, en commençant tout d’abord par la réalisation d’un diagnostic préalable, puis par les approvisionnements en produits issus de l’agriculture biologique.

Les thématiques principales à respecter seront les suivantes :
- la prévention du gaspillage
- l'utilisation des invendus par le don ou la transformation
- et enfin la valorisation destinée à l’alimentation animale

En ce qui concerne la mise en application, il est important de noter qu'une amende de 3750 euros est prévue en cas de gaspillage des invendus alimentaires dits « encore consommables », ce qui incitera surement les plus gros opérateurs à privilégier les opérations de dons de denrées alimentaires.

Cette initiative suit par exemple le mouvement de grands groupes industriels, quelque peu en avance sur la législation interne, comme par exemple le géant français Sodexo qui, au cours de l’année 2019, a lancé son programme surnommé WasteWatch, dans le but de faire diminuer le gaspillage alimentaire de moitié en un an, grâce à son déploiement sur près de 3000 sites. Même si les résultats de cette mise en oeuvre n'ont pas encore été officiellement communiqués, nous ne pouvons qu'être optimistes et espérer que ce type de démarche fasse désormais place commune au sein du monde des affaires.