Après l’épisode des deux crashs aériens impliquant des Boeing 737 Max, le constructeur américain vient de reconnaitre un défaut dans les simulateurs de vols de ces appareils. L’on souvient que ces crashs avaient causés pas moins de 189 morts pour l’appareil de la Lion Air et 150 décès pour l’appareil d’Ethiopian Airlines. Ces événements avaient d’ailleurs causé la suspension des vols des 737 Max, lesquels sont toujours cloués au sol aux dernières nouvelles.

Le constructeur indexé semblait avancé que ces accidents seraient dus à une chaîne d’événements pouvant inclure des erreurs des pilotes. Cependant, le samedi 18 mai dernier, Boeing va finalement admettre une défaillance du logiciel des simulateurs des appareils 737 Max, qui permet de former les pilotes. En effet, le logiciel était incapable de reproduire certaines conditions de vol et notamment celles ayant conduit au crash d’Ethiopian Airlines.

Dans son communiqué, la direction de Boeing assure que ses équipes ont travaillé en étroite collaboration avec les fabricants du système pour apporter au logiciel défaillant toutes les corrections et améliorations nécessaires. Ces interventions devront donc permettre d’assurer une formation sans faille aux pilotes des compagnies aériennes.

Si, Boeing ne renseigne pas sur les conditions d’identification de la défaillance, il assure qu’en sus des modifications et améliorations réalisées et envisagées des informations supplémentaires seront fournies aux exploitants du système. Quant aux origines du bug du logiciel, Boeing explique qu’il est dû au fait que les simulateurs de formation des pilotes dans la majorité des compagnies aériennes étaient à la base conçus pour un autre appareil de la famille 737, le 737 NG, ancienne version du 737 MAX. Reste que les modifications du logiciel ne sont que provisoires et risquent de perturber le fonctionnement de plusieurs compagnies aériennes. Et ce, même si Boeing affirme avoir réalisé plusieurs mises à jour du logiciel antidécrochage.

La Federal Aviation Administration (FAA), l’agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) et le régulateur canadien avaient validé ces préconisations. Mais le 737 NG, à la différence du 737 MAX, ne dispose pas du système MCAS, un correcteur d’assiette pour éviter un autre décrochage du 737 MAX. Or, c’est précisément un dysfonctionnement ou une mauvaise manipulation de ce correcteur d’assiette qui serait à l’origine du crash d’Ethiopian Airlines.

La question est maintenant de savoir si les modifications du logiciel vont permettre à Boeing d’obtenir la levée des suspensions de vol auprès des autorités de régulation mondiales.

A ce propos, un vol de certification du 737 MAX devra avoir lieu d’ici le jeudi 23 mai. A l’issue de ce vol, la FAA devra présenter aux autres autorités de régulation mondiales l’ensemble de la documentation de certification finale. Une fois que les autorités de régulation mondiales de tous les pays concernés auront validé la version, il faudra que les ingénieurs de Boeing fassent le tour du monde pour faire la mise à jour.

Par ailleurs, le constructeur américain réaffirme son engagement et sa détermination à faire du 737 Max l’un des appareils les plus fiables du secteur aéronautique.