Trente milliards de mégots finissent sur le sol chaque année. Une pollution contre laquelle le gouvernement souhaite agir et particulièrement la secrétaire d'État à la Transition écologique et solidaire Brune Poirson.

Les mégots jetés sont potentiellement autant de polonium 210, d'acétone, de benzopyrène et autres matières qui composent surtout les filtres qui se retrouvent dans nos rivières et dans la mer. Un mégot va mettre plus de 10 ans à se décomposer.

La mairie de Paris estime qu'elle ramasse 350 tonnes de mégots de cigarettes par an et que gérer leur ramassage est bien embêtant pour les agents et notamment depuis l'interdiction de fumer dans les lieux publics.

Brune Poirson a rencontré jeudi 14 juin les cigarettiers pour « leur demander de lutter contre une pollution : « C'est le principal déchet que l'on retrouve sur nos trottoirs et dans la nature » et qui est aujourd'hui « à la charge exclusive des villes ».

Aujourd’hui, ce sont les villes qui sont chargées de nettoyer des trottoirs. C’est pourquoi, le gouvernement veut transférer cette responsabilité sous la forme d’une taxe sur chaque paquet de cigarettes, qui viendrait financer les opérations de collecte.

Brune Poirson attend donc des professionnels qu'ils reconnaissent la pollution générée par les cigarettes et qu'ils « fassent des propositions d'engagements concrets avec des solutions efficaces d'ici septembre ».

Cependant, les négociations risquent cependant d’être compliquées puisque les grands noms de l'industrie du tabac estiment que ce n'était pas à eux de payer les coûts de traitement.

Elle reconnaît qu'il y a de « l'incivisme de la part des fumeurs » mais affirme que « les industriels du tabac ont à assumer une responsabilité qui va jusqu'au déchet de leur produit. Il leur appartient de se soucier de ce que deviennent les milliards de mégots qu'ils génèrent ».

De plus, elle considère que ce fléau ne doit pas rester sans une participation des fabricants de tabac, pourquoi pas sur le système de la responsabilité élargie des producteurs, comme pour le recyclage des emballages.

D’après les derniers chiffres de la Ville de Paris, 24.511 PV pour jets de mégots ont été infligés en 2017, soit une hausse de 1203,78% par rapport à 2016 (1880 PV). Et 2018: entre janvier et avril, 10862 PV ont déjà été distribués. Soit, par rapport à la même période de l’an dernier, une tendance toujours en hausse : +370, 83%.

Par ailleurs, plusieurs associations ont déjà alerté les autorités des différentes villes et l’opinion publique sur l’ampleur du problème des jets de mégots.

Le débat n’étant pas clos, le ministère fera un point sur les actions envisagées au mois de septembre, en convoquant à nouveau les industriels. D’ici là, les mégots continueront à polluer.