Alors que la Conférence mondiale sur le climat de Paris (COP 21) se profile à l'horizon du 30 novembre au 11 décembre 2015, François Hollande se rend aux Philippines afin de plaider pour un "accord universel sur le climat" à Paris (1). Accompagné de son homologue philippin, Benigno Aquino, il a tenu un discours à Manille, la capitale des Philippines. Les deux chefs d’État ont appelé à un accord "ambitieux, équitable et universel". L'"appel de Manille" a été lancé par l'actrice Marion COTILLARD et une sénatrice philippine Lauren Legarda qui dans le discours tenu, espèrent "que nous écriront l'histoire" (2).

Le choix symbolique des Philippines pour parler de climat

Il ressort des informations sur la géographie des Philippines qu'il s'agit d'un pays de l'Asie du Sud-Est constitué d'un archipel de 7107 îles. La plupart des îles montagneuses sont recouvertes de forêts tropicales et d’origine volcanique comme l’attestent les tremblements de terre fréquents et la vingtaine de volcans en activité comme le Pinatubo. L'archipel est aussi soumis aux typhons du Pacifique de l'ouest à raison d'une quinzaine par an, plus particulièrement entre mai et octobre. Les Philippines sont ainsi le 3e pays au monde le plus à risque en termes de catastrophes naturelles.

Ainsi, le 8 novembre 2013, le typhon Hiayan et ses vents souvent de 230 km/h avait fait plus de 7350 morts. « Les vents les plus violents ont frappé nos côtes si bien que nous étions comme à Ground zéro » lors du 11septembre à New York, se souvenait le maire de Guiuan, Christopher Sheen Gonzales, considéré comme un héros national pour son exceptionnelle mobilisation lors du sinistre. (3)

En outre, précisons qu'avec le Vietnam et le Bangladesh, l'archipel philippin est le plus touché par l'élévation des températures. Les conséquences du réchauffement climatique sont dramatiques: depuis 1980, 360 catastrophes naturelles ont frappé le pays. Ainsi, le choix des Philippines reste très symbolique pour parler de climat en vue de la préparation de la COP 21.

Les Philippines, un pays émergent en quête de ressources naturelles pour soutenir sa croissance

L'archipel philippine étant un pays émergent, le besoin d'exploiter la nature est d'autant plus fort que le pays ne disposant pas d'expertise nécessaire et de moyens pour passer à un développement durable ou à une énergie de transition, l'exploitation de la nature reste la seule solution pour accompagner la croissance économique de plus en plus forte. L'"appel de Manille" c'est donc l'idée que la question du réchauffement climatique, ne peut être réglée uniquement entre pays riches. Tout au contraire, elle nécessite une sorte de solidarité entre les pays en accompagnant les pays pauvres ou émergents dans leur processus de développement.

François HOLLANDE dans son discours ira dans le même sens : «L'appel de Manille, c'est pour que le monde soit plus juste entre les pays développés et les pays fragiles, entre les pays riches et les pays pauvres, entre les générations aussi». Il ressort de ce discours que l'idée de la solidarité Nord-Sud sera nécessaire à la Conférence mondiale de Paris, sans laquelle aucun accord universel ne peut être durable.



BIBLIOGRAPHIE


(1) « Climat : Hollande et Aquino lancent l’appel de Manille » : http://www.leparisien.fr/environnement/philippines-hollande-et-cotillard-sont-arrives-a-manille-pour-parler-du-climat-26-02-2015-4559953.php

(2) Philippines : comment l'Elysée a orchestré « l'appel de Manille »
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/politique/video/2015/02/26/philippines-comment-l-elysee-a-orchestre-l-appel-de-manille_4584294_823448.html#Q3UdTSZuW4RAHzul.99

(3) « Philippines : le fardeau des catastrophes naturelles »
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/11/12/philippines-le-fardeau-des-catastrophes-naturelles_3512199_3244.html#6D1APl2Cp04G9dXB.99