En France, 10 millions de tonnes de nourriture sont jetées chaque année, soit une valeur commerciale estimée à 16 milliards d’euros.

En moyenne, chaque français jette l’équivalent d’un repas à la poubelle toutes les semaines. Ce gaspillage représente l’utilisation de ressources naturelles, telles que les terres cultivables, l’eau et des émissions de gaz à effet de serre qui pourraient être évitées. Les déchets sont également concernés et pourraient être évités.

Signé en 2013 entre l’Etat et les représentants des acteurs de la chaîne alimentaire, le pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire comporte 11 mesures fondées sur l’engagement de l’ensemble de ces acteurs : producteurs agricoles, marchés de gros, industries agroalimentaires, grande distribution, restauration collective et commerciale, collectivités territoriales.

Des actions doivent alors être entreprises dans la restauration pour diminuer le gaspillage alimentaire, conformément au code de l’environnement, introduit par la loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte.

De plus, dans la restauration commerciale, les pertes de nourriture sont 5 fois plus élevées qu'à domicile.

C’est pourquoi, un amendement à la loi agriculture et alimentation a été alors voté cette année afin de remédier au gaspillage alimentaire. L’objectif est d’imposer d’ici 2021 aux restaurants la mise à disposition du doggy bag, un récipient permettant d’emporter les restes des repas mais également de répondre au pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire.

Cette pratique déjà instaurée aux Etats Unis, n’est toujours pas ancrée dans la culture française. Malgré les efforts des restaurateurs, un vrai frein culturel persiste chez les consommateurs. C’est pourquoi, de nombreux clients et restaurateurs français ne semblent pas convaincus qu’une telle obligation puisse vraiment être efficace pour la lutte contre le gaspillage.

Quant à l’emballage, celui-ci serait conçu de manière à être réutilisable, ce qui voudrait dire qu’un même type d’emballage serait imposé à tous les restaurateurs ?

Par ailleurs, la question de l’hygiène se pose également puisque selon les restaurateurs « si le client part quelques heures avec sa barquette sans la mettre au frigo, il y a un risque pour l’hygiène », ce qui est vrai puisque la température de stockage ne sera probablement pas respectée.

Ainsi, pour le moment cette solution attire de nombreuses critiques puisque certains affirment que la grande majorité du gaspillage intervient en amont du repas des clients. De ce fait, en imposant ce système nous pourrions provoquer encore plus de gaspillage. En effet, le gaspillage alimentaire dans les restaurants et les débits de boissons représente moins de 27 centimes d’euros par plat or un doggy bag coûte entre 25 et 70 centimes d’euro en moyenne pour une pièce.