La France souffre depuis plusieurs années de la prolifération des algues vertes causée principalement par l’épandage d’engrais azotés et de déjections animales.
Au départ, il s’agit d’un problème local parce qu’il touche particulièrement les plages bretonnes. L’aggravation des conséquences provoquées par ces marées vertes a déclenché une prise de conscience chez les Autorités publiques. La couleur verdâtre imposante est aperçue comme une nuisance à l’esthétique du paysage marin. Une nuisance olfactive est remarquée par les riverains. Les poissons et les plantes aquatiques pâtissent de la pollution. Un cheval est « mort en une minute » à cause des algues vertes. Les coûts de ramassage des algues vertes ont flambé. La fermeture de certaines plages pour des raisons sanitaires a fait chuter la fréquentation touristique et a engendré ainsi des pertes en termes d’emplois liés au tourisme et en termes d’économie. A partir des années 2000, l’Etat s’implique à la recherche des solutions contre les marées vertes. Des textes ont été adoptés, à savoir,
- Le décret n° 2012-675 du 7 mai 2012 relatif au programme d’action à mettre en œuvre dans les bassins connaissant d’importantes marées vertes sur les plages
- Le décret n° 2012-676 du 7 mai 2012 relatif aux programmes d’actions régionaux en vue de la protection des eaux contre la pollution par les nitrates d’origine agricole.
Sur le fondement des dispositions réglementaires en vigueur, un plan algue verte 2 (Plav 2) vient succéder le premier plan qui s’est achevé en 2015.

Qu’est-ce qu’un plan algue verte 2 (Plav2) ?

Il s’agit du deuxième document national servant un guide pour les parties de territoires particulièrement touchées dans leur lutte contre la prolifération des algues vertes. Il fixe les objectifs et comporte les grands principes pour y parvenir. Il a pour objet de poursuivre les actions qui ont été entamées depuis 2012 dans le cadre du Plav 1. Il couvre la période des cinq prochaines années (2017-2021) et dotée d’une enveloppe de 55 M€. Un mois après sa validation, ce plan entre en application, en janvier 2018, avec la signature du premier contrat de baie, celui de Saint-Brieuc.
Ce plan présente trois aspects :
- Un aspect relatif à la sécurisation qui vise à améliorer les connaissances et la gestion des risques ;
- Un aspect curatif visant à améliorer le ramassage et le développement des capacités de traitement des algues échouées.
- Un aspect préventif qui précise les actions à mettre en œuvre afin de réduire les flux d’azote vers les côtes.

Sont concernées les 8 baies, en aval de 23 bassins versants :
- La Baie de la Fresnaye
- La Baie de Saint-Brieuc
- La Grève de Saint-Michel
- L’Anse de Locquirec
- L’Anse de l’Horm-Guillec
- L’Anse de Guisseny
- La baie de Douarnenez
- La baie de Concarneau

Les objectifs du « plan algue verte 2 » (Plav 2)

Les ambitions du Plav 2 consistent à continuer les actions qui se révèlent efficaces lors de l’application du Plav 2 et à redéfinir les actions inscrites au premier plan mais dont la mise en œuvre semble être incomplète.
Pour ce faire, les objectifs de Plav 2 se déclinent en deux volets : d’une part, l’amélioration de la qualité de l’eau, d’autre part la promotion des techniques agricoles « plus propres » contribuant à la baisse des polluants.
Les efforts mis en œuvre pour améliorer la qualité de l’eau sont fructueux mais doivent continuer afin d’atteindre un bon état écologique de l’eau en 2027, objectif fixé sur le long terme. Le premier plan a réussi à diminuer la concentration (quantile 90) en nitrate à l’exutoire du Douro de 34 mg/litre en 2010 à 31 mg/L en 2015. D’ici 2021, le second plan vise à atteindre une concentration (en quantile 90) de 25 mg/L.
Le Plav 2 vise également à réduire, dans l’horizon 2018-2021, le flux d’azote d’origine agricole à 61Kg/Ha de surface agricole utile contre 76Kg/Ha de surface agricole utile en 2015. Afin d’y parvenir, des multiples actions sont prévues :
- L’accompagnement individuel de l’exploitant agricole dans le choix des moyens adaptés à son exploitation et favorisant la baisse des fuites d’azote. De surcroît, l’exploitant bénéficiera d’une assistance technico-économique individuelle pour que son exploitation soit viable et respectueuse de l’environnement.
- L’accompagnement collectif qui consiste à apporter des solutions agro-environnementales à très basses fuites d’azote à l’ensemble des agriculteurs, à réaliser des expérimentations et des démonstrations des techniques de gestion de flux d’azote et diffuser les résultats dans le but de les promouvoir.